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L'absence d'archives correctes empêche de pouvoir localiser exactement le lieu et la date de naissance de Jacques de Molay. Néanmoins, des indications retrouvées dans les minutes du procès, dans les archives des royaumes européens de l'époque, nous permettent de penser que Jacques de Molay est né vers 1245 en Haute Saône, dans le Comté de Bourgogne, alors toujours vassal de l'Empire Germanique.
En 1265, il est reçu dans l'Ordre à Beaune par Humbert de Pairaud, visiteur de France et d'Angleterre et par Amaury de la Roche, maître de France.
Vers 1270, il est en Orient où son action reste très discrète. On ne sait pas s’il se trouve parmi les survivants d'Acre qui réussissent à s'échapper avec Thibaud Gaudin – alors Grand Maître de l’Ordre - à Chypre, mais il participe à un chapitre qui se tient dans l'île en automne 1291. Il est élu Grand Maître de l'Ordre avant avril 1292, peu de temps après la mort de Thibaud Gaudin. Dès son élection, Jacques de Molay s'empresse de parer au plus pressé, il met en place un gouvernement et s'occupe de la défense de l'île de Chypre et du Royaume de Petite Arménie, dernières possessions franques en Orient.
Au printemps 1293, il entreprend un long voyage en Europe, où il règle différents problèmes dans les domaines de l'Ordre, mais surtout, il implore l'aide des princes occidentaux et de l'Eglise pour la défense des derniers Etats Chrétiens. Au cours de ce voyage, il noue d'étroites relations avec plusieurs monarques, dont Edouard Ier d'Angleterre, Jacques II d'Aragon et le pape Boniface VIII. Il rentre à Chypre en automne 1296 pour y régler des problèmes survenus avec le roi Henri II.
En 1298, il monte une expédition en Cilicie après la chute de Roche-Guillaume, la dernière place forte du royaume. Malheureusement, les forces chrétiennes ne parviendront pas à profiter de la victoire de Ghâzân, le Khan de Perse sur les Mamelouks à Homs en décembre 1299.
En 1300, il continue de fortifier l'îlot de Rouad en face de Tortose pour en faire une base avancée en vue d'opérations combinées avec les mongols. Mais les mongols, trop occupés par leurs guerres tribales, ne pourront jamais s'allier avec les chrétiens contre les mamelouks. En septembre 1302, les Templiers de Rouad sont massacrés par les mamelouks égyptiens. Jacques de Molay abandonne alors cette stratégie de l'alliance mongole qui se révèle être un échec total.
En 1305, le nouveau pape Clément V, sollicite l'avis des Maîtres des Ordres religieux pour la préparation d'une nouvelle croisade et sur un projet d'unification des Ordres. Le 6 juin 1306, Clément V les convoque officiellement à Poitiers, mais à cause de l'état de santé du pape, l'entrevue avec Jacques de Molay n'aura lieu qu'en mai 1307. Comme il l'avait déjà mentionné au pape auparavant, Jacques de Molay refuse catégoriquement ce projet d'union entre les Ordres. Cette décision aura de lourdes conséquences pour l'avenir de l'Ordre du Temple. D'abord, le Roi de France prend ombrage de cette décision, car elle perturbe ses ambitions, de plus elle met à mal les négociations entre Clément V et Philippe le Bel au sujet de la condamnation de la mémoire de Boniface VIII et enfin, elle perturbe l'organisation d'une nouvelle croisade. À l'occasion de ce voyage en occident, Jacques de Molay découvre que des rumeurs calomnieuses courent au sujet des Templiers. Philippe le Bel et ses conseillers vont immédiatement profiter de cette faiblesse et établir un plan pour détruire cet Ordre intransigeant. Le 24 juin, Jacques de Molay est à Paris où il rencontre Philippe le Bel pour discuter des accusations portées contre l'Ordre. Il rentre à Poitiers, rassuré par la discussion avec Philippe le Bel, mais demande au pape qu'il diligente une enquête pour laver l'Ordre de tout soupçon. Le 24 Août, Clément V annonce à Jacques de Molay qu'une commission d'enquête est mise en place. Philippe le Bel veut précipiter les choses pour éviter que toute l'affaire qui s'annonce ne reste entre les mains du pape. Le 14 septembre, aidé par Nogaret, il fait transmettre en grand secret à tous ses baillis et sénéchaux un ordre d'arrestation pour tous les Templiers du Royaume et la mise sous séquestre de tous leurs biens.
L'opération avait été conduite par Guillaume de Nogaret, qui arrêta lui-même les 140 Templiers de Paris, accompagné de gens d'armes. Originaire du Languedoc, il était légiste du roi. La veille de l'arrestation, le grand maître avait porté le poêle à la cérémonie de l'enterrement de la princesse Catherine, héritière de l'empire de Constantinople, épouse du comte de Valois.
Depuis l'arrestation des chevaliers et du grand maître, les destinées de cet illustre chef furent liées à celles de l'Ordre entier. On sait que cet ordre avait été institué en 1118 par des croisés français, dans l'unique but de protéger et de défendre les pèlerins qui se rendaient aux saints lieux. La noblesse et la bravoure des chevaliers, l'utilité et le gloire de leur institution, la rendirent recommandable dès son origine. Les statuts en furent dressés lors du concile de Troyes (14 janvier 1128) ; et, pendant deux siècles, les privilèges accordés par les papes, la reconnaissance des rois, des grands et du peuple, l'autorité et le crédit qu'augmentaient chaque jour les exploits et les grandes richesses des Templiers, en firent l'Ordre le plus puissant de la chrétienté.
Il dut exciter la jalousie, même des rois, car dans le haut rang où il s'était élevé, il était difficile que tous les chefs et tous les chevaliers se maintinssent toujours et partout dans cette sage modération qui aurait pu seule prévenir ou désarmer l'envie et la haine. Malheureusement pour l'Ordre, le roi de France eut plusieurs motifs de le perdre et le principal peut-être, ce fut la pénurie du trésor royal, laquelle le rendit moins difficile sur les moyens de s'approprier une partie des biens de l'Ordre, et de jouir de tous pendant longtemps.
A l'instant où furent arrêtés le grand maître et tous les chevaliers qui étaient avec lui dans le palais du Temple à Paris, le roi occupa ce palais et s'empara de leurs possessions et de leurs richesses. En arrêtant les autres chevaliers dans les diverses parties de la France, on saisit aussi leurs biens. Des inquisiteurs procédèrent aussitôt contre tous, les interrogèrent en les livrant aux tortures, et en les menaçant de les livrer. Partout, ou presque partout, ils arrachèrent au plus grand nombre des chevaliers l'aveu de quelques-uns des crimes honteux dont on les accusait et qui offensaient à la fois la nature, la religion et les mœurs : aux menaces on joignait des moyens de séduction pour obtenir les aveux qui devaient justifier les rigueurs des mesures employées.…/…
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